Dire (verbe, nom masculin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

I.
( je dis, nous disons, vous dites, ils disent ; je disais, nous disions ; je dis ; je dirai ; je dirais ; dis ; disons, dites ; que je dise ; que je disse ; disant ; dit ). X e siècle. Du latin dicere, « , exprimer par la parole », notamment « déclarer, indiquer, nommer, raconter ».

I. Faire connaître.
1. Exprimer, énoncer par la parole. Dire à haute et intelligible voix, à voix basse. J'ai quelque chose à vous . Voici ce qu'il a dit. Dire du bien, du mal de quelqu'un. Dire son avis, son sentiment sur quelque chose. Il ne dit pas tout ce qu'il pense. Il ne sait ce qu'il dit. Il parle pour ne rien . Dites-nous ce qui est arrivé. Dis-moi qui t'a donné ce livre. Dites-nous si vous avez renoncé à votre projet. Dire le nom de quelqu'un. Dire la vérité. Dire ses raisons. Dire des bêtises, des sottises. Dire des injures. Il n'a pas dit un mot. Il n'a pas dit son dernier mot, il peut encore changer d'avis. Sans mot , il se rassit. Ce disant, il regardait l'assemblée. Cela dit, il quitta la séance. En ce dernier sens, on évitera d'employer Ceci dit, qui se répand fâcheusement aujourd'hui. Dans les propos rapportés, est souvent placé en incise, avec le sujet postposé. Oui, dit-il, j'y consens. Expr. Dire son fait à quelqu'un ou, fam., ses vérités, ses quatre vérités à quelqu'un, ne pas lui cacher ce qu'on pense de lui. Dire pis que pendre de quelqu'un, en beaucoup de mal. En de belles, en de toutes les couleurs (fam.), prononcer des paroles qui surprennent ou qui choquent. Je l'irai à Rome, j'en doute. S'il réussit, je l'irai à Rome. Prov. Qui ne dit mot consent, garder le silence, c'est approuver ou acquiescer. Bien faire vaut mieux que bien , les bonnes actions sont préférables aux beaux discours. Bien faire et laisser , il faut agir sans se soucier des critiques.
2. Réciter. Dire sa leçon. Dire des vers. Dire son rôle. Dire son chapelet. Dire son bréviaire. Dire ses prières. Dire la messe, la célébrer. Faire une messe, des messes pour un défunt. Spécialt. Déclamer. Apprendre à . L'art de bien les vers.
3. Exprimer, énoncer par un autre moyen que la parole. Par écrit. Que dit-il dans sa lettre ? Comme il a été dit au précédent chapitre. Cet écrivain a dit là-dessus d'excellentes choses. Par gestes ou par signes. Dire bonjour de la main.
4. Employer un mot, une expression, une tournure. Dire blanc quand on pense noir. C'est un mot qu'on ne doit pas . Dire le mot juste. Comment cela se dit-il en anglais ? Il ne faut pas : Fontaine, je ne boirai pas de ton eau. Qui dit colère, dit courte folie.
5. Litt. Célébrer, chanter, raconter. Je dirai les hauts faits de Roland.

II. Par ext. Faire connaître, exprimer, avec des nuances particulières.
1. Affirmer, prétendre. À ce que dit la légende, Romulus est le fondateur de Rome. Il disait avoir aperçu le suspect. Expr. On dit que, dit-on, c'est l'opinion commune, c'est le bruit qui court. On dit que nous allons avoir la guerre. C'est, dit-on, ce qui l'a déterminé à partir. Subst. Un on-dit, un propos qui se répète de bouche en bouche. Croire sur un on-dit, sur des on-dit.
2. Répondre, répliquer, objecter, critiquer. Il ne sut que . Qu'avez-vous à à cela ? Vous aurez beau , je partirai demain. Expr. Trouver à , trouver matière à critiquer, à blâmer. Que trouvez-vous à à cette action ? (On dit plutôt Trouver à redire. ) Il y a bien à , beaucoup à là-dessus, il y a bien des critiques, des objections, des observations, des réserves, à faire là-dessus. Il n'y a vraiment rien à , cela est fort bien.
3. Juger, penser, croire. Que dites-vous de cette affaire ? Qu'en dites-vous ? Que d'une telle attitude ? Que va-t-on de moi, si j'accepte ? Qu'en dira-t-on ? Subst. Le qu'en-dira-t-on, l'opinion des autres. Se soucier, se moquer du qu'en-dira-t-on. Expr. On dirait d'un fou, d'un homme ivre (vieilli), on le prendrait pour un fou, pour un homme ivre (on dit plutôt On dirait un fou, un homme ivre ). On dirait que, il semblerait que. On dirait qu'il va mieux. On aurait dit, on eût dit qu'il pleurait.
4. Proposer, décider, fixer. Au jour dit. Aussitôt dit, aussitôt fait, dès que la décision fut prise, on passa à l'exécution. Ce qui fut dit fut fait. Disons, convenons de. Vous ne pouvez pas venir ce soir ? Eh bien, disons demain. À déconseiller en dehors de cette définition précise. . Dire le droit, déterminer dans une affaire la solution conforme à la loi et à la justice. Un jugement avant droit, un jugement provisoire.
5. Engager à ; conseiller, ordonner de. Il m'a dit de me taire. Dis-lui qu'il vienne. Expr. fig. et fam. Ne pas se le faire deux fois, s'empresser soit d'obéir, soit de saisir une occasion. Se le tenir pour dit, tenir compte d'un avertissement, d'une menace. Vous n'avez qu'à , qu'un mot à , vous n'avez qu'un mot à prononcer pour que la chose soit réalisée.
6. Au participe passé, adjt. Surnommé. Charles V, dit le Sage. Cette maison est située à trois kilomètres de la ville, au lieu dit « La Saussaie ». Spécialt. . Se joint à l'article défini et à certains adverbes pour désigner les personnes ou les choses dont on a parlé. Ledit preneur. Ladite maison. Audit lieu. À l'article susdit. La personne susdite. Subst. Le susdit.

III. Par anal. Avec un nom de chose pour sujet. Indiquer, signifier, annoncer, présager. Ce mot seul dit tout. Un croquis en dit parfois plus qu'un long discours. Que dit le baromètre ? quelle indication fournit-il sur le temps ? Que disent les cartes ? quel présage croit-on pouvoir en tirer ? En parlant des actions, des attitudes, des regards, etc., qui manifestent la pensée de quelqu'un. Son trouble, sa confusion disent assez son désarroi. Un silence qui en dit long, un silence expressif. En parlant d'un ouvrage, d'un texte, d'une phrase énonçant un précepte, une loi, formulant une définition. Qu'en dit, que dit le dictionnaire ? Qu'en dit la grammaire ? Que dit la loi ? Reportez-vous à ce que dit l'Évangile. Que dit le règlement ? Comme dit le proverbe. Comme dit la chanson. Loc. Vouloir , avoir tel sens, telle signification. Que veut cette phrase ? Que veut ce retard ? Je ne sais ce que cela veut . Cela ne veut rien . Expr. fam. Savoir ce que parler veut , saisir l'allusion, comprendre à demi-mot. Expr. fig. et fam. Dire quelque chose. Éveiller un souvenir, faire naître une impression, évoquer. Cet air me dit quelque chose. Cette photographie ne me dit rien. Spécialt. Plaire. Une promenade vous dirait-elle quelque chose ou, ellipt., vous dirait-elle ? Sortir ne me dit rien. Si le cœur vous en dit, si cela vous plaît. Cela ne me dit rien de bon, ce n'est pas un présage favorable. Cela ne me dit rien qui vaille, suscite ma défiance, me déplaît.

IV. Locutions et expressions.
1. Introduisant une explication, une correction, une approbation ou un renforcement. C'est-à- . Disons mieux, pour mieux , que dis-je ? pour renchérir sur les paroles précédentes. Il ne régnait que par ses favoris ou, pour mieux , il ne régnait plus. L'aimer ? Que dis-je ? je l'adore. Disons-le, pour introduire une expression plus rigoureuse que celle qui précède. Cette mesure est très discutable ; disons-le, c'est un abus de pouvoir. Autrement dit, en d'autres termes. Il faut , à vrai , pour donner une explication. Je n'ai pu le voir ; il faut qu'il était malade ce jour-là. À vrai , j'ai lu trop rapidement cet ouvrage. Pour tout , pour en davantage. Pour le en un mot. C'est tout , cela dit tout, cela explique tout. Il est aussi paresseux que son frère : ce n'est pas peu . Cela va sans , cela est parfaitement évident. Il va sans que je vous aiderai. Tout est dit, c'est dit, c'est une affaire réglée. Tout est dit là-dessus. Voilà qui est dit, il n'y a plus rien à ajouter. Tout n'est pas dit, l'affaire dont vous parlez est loin d'être achevée. Ce qui est dit est dit, c'est une décision, un engagement sans retour. C'est moi qui vous le dis, vous pouvez m'en croire. Je ne vous en dis pas plus, vous pouvez deviner la suite. Fam. Souvent iron. Tu l'as dit ! tu as raison ! En parlant à un enfant. C'est mon petit doigt qui me l'a dit, je le sais sans que tu m'en parles.
2. Marquant une atténuation, un doute, une hésitation. Pour ainsi , en quelque sorte, d'une certaine façon. Ils sont pour ainsi comme les deux doigts de la main. C'est beaucoup , c'est trop , pour marquer une réserve. Lire toutes ces revues ? c'est beaucoup , je les parcours. Pour ne pas , pour expliquer un euphémisme. Il s'est conduit en imprudent, pour ne pas en fou. C'est peu , pour indiquer que l'on est en dessous de la vérité. Il me fatigue, et c'est peu . Comme dit l'autre (pop.), pour introduire une citation courante ou une expression dont on ne veut pas prendre la responsabilité. Il n'y a pas à , il faut se rendre à l'évidence. Il n'y a pas à , c'est un sot. Cela soit dit en passant ou, ellipt., soit dit en passant, pour annoncer une digression, une plainte ou un reproche. Soit dit en passant, vous êtes quelquefois un peu brusque. Entre nous soit dit, soit dit entre nous, confidentiellement. Cela vous plaît à , pour marquer un désaccord, un refus. Vous prétendez que j'ai répandu ce bruit, cela vous plaît à . Dans le même sens. C'est vous qui le dites ! Mettons que je n'ai rien dit, pour annuler un propos que l'on vient de tenir, revenir sur une affirmation immédiate. Mettons que je n'aie rien dit, pour signifier : si cela vous désoblige, je retire mon propos. Je ne dis pas que..., pour atténuer ou rectifier ce qu'on vient d'affirmer. Je ne dirais pas qu'il soit pédant. Je n'ai pas dit qu'il était pédant.
3. Locutions, expressions interrogatives ou exclamatives pouvant se charger d'une forte valeur affective. Que voulez-vous ? Qu'est-ce à ? pour marquer l'étonnement, la surprise, aussi bien que l'insistance, la menace, etc. Qui vous dit que... ? pour marquer le doute, le défi. Qui dirait que... ? comment pourrait-on croire que ? Qui dirait que cet homme a été champion de course à pied ? Qui eût dit ? pour exprimer la surprise, le regret, le dépit. Qui eût dit qu'elle changerait si tôt ? Le voici à la tête de l'entreprise ; qui l'eût dit ? Dire que... ! pour indiquer la surprise, l'indignation, la rancœur. Dire qu'il était mon meilleur ami ! C'est bientôt dit ! C'est vite dit ! l'affaire est moins simple que vous ne le pensez. Je l'avais bien dit ! ce qui arrive est bien ce que j'avais annoncé. À qui le dites-vous ! je suis au courant de la situation ; j'ai fait cette expérience avant vous. Avec une valeur superlative. Je ne vous dis que cela ! Pour sous-entendre une qualité extrême. Ils ont un saint-émilion, je ne vous dis que cela ! Vous m'en z des nouvelles ! Vous m'en z tant ! Dis ! Dis donc ! Dites donc ! Interjection ou appel marquant l'étonnement, la surprise, etc. Dis-moi, dites-moi ! Pop. Eh, dis donc !

V. Pron. Se .
1. Se prétendre, se croire. Elle se dit votre parente, votre amie. Il se dit au courant de cette question et il n'y connaît rien. Ils se disaient envoyés par leur chef. Il se disait malade. Adjt. Soi-disant, qui se prétend tel. Un soi-disant héritier.
2. Réfléchir à part soi. Il se dit qu'on ne l'y prendrait plus. Je me dis que j'ai été bien imprudent.
3. En parlant d'un mot, d'une locution, d'une expression. Être en usage. Ce mot se dit dans certaines provinces. L'un ou l'autre se dit ou se disent. Cela ne se dit plus. Cette expression ne se dit qu'en mauvaise part.


1ère signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

("Je dis; nous disons, vous dites, ils disent. Je disais. Je dis. Je dirai. Dis, disons, dites. Que je dise. Que je disse. Disant. Dit.") Faire connaître par la parole; exprimer, énoncer. "Dire un mot. Ne mot. J'ai quelque chose à vous . Dire le nom de quelqu'un. Voici ce qu'il a dit. Qui vous dit le contraire? Dire du bien, du mal de quelqu'un. Dire son avis, son sentiment. Dire ses raisons. Il ne dit pas tout ce qu'il pense. Dire la vérité. Il ne sait ce qu'il dit. Je vous l'avais bien dit. Que ne le disiez-vous! Dire beaucoup en peu de mots. Dire un secret. Dire des duretés, des injures, des extravagances. Ils se sont dit des sottises. Il a, m'a-t-on dit, l'intention de partir. Oui, dit-il, j'y consens. Dites-moi, quand partez-vous? Dis, cela ne te plairait-il point? Ce sont là de ces choses qui ne doivent" "pas se . J'ai un besoin de repos qui ne peut se ." Absolument, "Laissez , et allez toujours votre train."
Il signifie également Énoncer par écrit. "Je vous ai dit dans ma dernière lettre que... Ainsi que nous l'avons dit plus haut. Cet auteur a dit là-dessus d'excellentes choses."
Il peut avoir pour sujet un nom de chose. "Que dit la loi? À ce que dit l'histoire. Comme dit le proverbe, la chanson. L'Évangile nous dit..."
SE DIRE est surtout usité en parlant de la Signification ou de l'emploi d'un mot, d'une locution, d'une phrase. "Ce mot se dit de telle chose. Ce proverbe se dit en parlant d'une personne qui... Cela ne se dit qu'en mauvaise part. Cela ne se dit plus."
"Que veut ce mot, cette phrase, etc.?" Quel en est le sens?
"C'est-à-dire, c'est-à- que" s'emploie lorsque, après avoir dit, exprimé, désigné quelque chose d'une certaine manière, on va le , l'exprimer, le désigner autrement, afin d'être plus exact, plus clair, etc. "L'âme, c'est-à- le principe intelligent et immortel. Vous serez parfaitement libre, c'est-à- que vous travaillerez à votre aise et que nul n'aura le droit de vous contrôler." On emploie quelquefois dans le même sens "Je veux ." Il s'emploie aussi pour faire entendre que ce qu'on va est la conséquence de ce qu'une autre personne a fait ou dit ou l'explication qu'il faut y donner. "Vous refusez mes offres; c'est- à- que tout ce qui vient de moi vous est odieux."
"Ce n'est pas à pour cela que... à que..." Il ne faut pas croire pour cela que...
"Pour ainsi " s'emploie lorsqu'on veut affaiblir ce qu'il peut y avoir d'exagéré dans l'expression dont on se sert, ou faire excuser ce qu'elle a d'extraordinaire, d'inusité. "Ils sont, pour ainsi , morts à toutes les joies d'ici-bas."
"Disons-le" s'emploie souvent lorsqu'on va quelque vérité dure et fâcheuse, mais qu'on ne peut se résoudre à le faire. "Disons-le : ces mesures violentes ne peuvent qu'aigrir les esprits."
"Disons mieux" s'emploie comme une sorte de complément ou de correctif. "Il est l'avocat des pauvres; disons mieux, il en est le père." On emploie dans le même sens les locutions "Pour mieux " et "Que dis-je? Il ne régnait que par ses favoris, ou, pour mieux , il ne régnait plus. Je l'aime; que dis-je? je l'adore."
"Que voulez-vous ?" s'emploie pour exprimer la surprise agréable ou pénible que causent les paroles de quelqu'un et marque une sorte de doute, d'incrédulité. "Il est parti; que voulez- vous ? parti sans moi!"
"Cela va sans ," C'est une chose tellement certaine, incontestable, ou tellement claire, naturelle, qu'il est inutile de la , de l'expliquer, d'en donner la preuve. On dit, dans le même sens, "Il va sans que..."
"On dit, dit-on," C'est la commune opinion, ou C'est le bruit qui court. "On dit que nous allons avoir la guerre. C'est, dit-on, ce qui l'a déterminé à partir." Cette locution s'emploie aussi comme nom masculin dans un sens analogue. "Ce n'est qu'un on-dit. Croire sur un on-dit, sur les on-dit. Condamner quelqu'un sur un on-dit, sur des on-dit." Il s'emploie aussi lorsqu'il s'agit d'une expression ou d'une façon de parler ordinaire. "On dit : cet homme est un lion, pour que c'est un homme plein de courage."
"Qui vous dit, qui vous a dit que...?" Quelle raison avez-vous de croire que...? Êtes-vous sûr que... "Qui vous dit que j'ai cette intention? Qui vous a dit que rien ne s'opposerait à vos desseins?"
"Se quelque chose à soi-même," Faire telle ou telle réflexion, avoir telle ou telle pensée, faire en soi-même tel ou tel raisonnement. "Heureux qui peut se : je n'ai point d'ennemis. Je me dis que bien d'autres sont plus malheureux que moi. C'est là ce que je me suis dit vingt fois. Je me le disais bien, je me l'étais bien dit," J'en avais un pressentiment. On dit dans le même sens "Quelque chose me le dit."
Fig. et fam., "Si le coeur vous en dit." Voyez COEUR.
Fam., "Ne pas se le faire , ne pas se le faire deux fois," Montrer beaucoup d'empressement à faire une chose.
"Vous n'avez qu'à , il n'a qu'à ," Locutions qui signifient qu'on est tout prêt à faire la chose dont il s'agit. "Vous n'avez qu'à , je partirai immédiatement."
Fam., "Il n'y a pas à ," Il n'y a pas moyen de nier, il n'y a pas de refus, de résistance à faire. "Il n'y a pas à , cet ouvrage est plein de mérite. Il n'y a pas à , il faut marcher."
Fam., "Cela soit dit en passant," ou, elliptiquement, "Soit dit en passant," se dit en parlant d'une Chose qu'on mentionne seulement à propos d'une autre, et plus ordinairement lorsqu'on fait quelque légère plainte, quelque léger reproche en peu de mots. "Soit dit en passant, vous êtes quelquefois un peu brusque."
"Soit dit entre nous" s'emploie lorsqu'on fait devant quelqu'un, à propos de telle ou telle personne ou de telle chose, une réflexion qu'on s'abstiendrait de faire devant tout autre, et qu'on désire qui ne soit pas répétée.
Fig. et fam., "S'il vient à bout de ce qu'il a entrepris, je l'irai à Rome," Je crois qu'il lui sera impossible ou très difficile de réussir.
"C'est tout , pour tout , pour le en un mot" signifient qu'Il n'y a rien de ce qu'on pense qui ne soit renfermé dans ce qu'on va .
Fam., "Cela vous plaît à ," sert à exprimer que l'on n'accorde pas ce qui vient d'être dit, ou à énoncer un refus. "Vous prétendez que je suis l'auteur de cet ouvrage, cela vous plaît à dire."
Fam., "Tout est dit," ou "voilà qui est dit, c'est une chose dite, c'est dit," N'en parlons plus, c'est une chose convenue, conclue, décidée.
Fam., "C'est bien dit" s'emploie pour marquer approbation de ce qui vient d'être dit.
Fam., "C'est bientôt dit" s'emploie pour faire entendre que la chose dont parle quelqu'un ou qu'il conseille n'est pas si facile, ne s'exécute pas si aisément qu'il paraît le croire. "Partez. ? C'est bientôt dit, et qui me fournira l'argent du voyage?"
"J'ai dit" s'emploie quelquefois, dans la conversation, pour marquer qu'on ne veut plus rien .
Prov., "Bien et bien penser ne sont rien sans bien faire," Les paroles ne comptent pas sans les actes. Subst. et prov., "Le bien-faire vaut mieux que le bien-dire," Les bonnes actions valent mieux que les beaux discours.
"L'art de bien ," L'art de bien parler.
DIRE s'emploie souvent dans le sens de Répondre à une objection. "Qu'avez-vous à à cela? Qu'avez-vous à ?"
"Trouver à " peut signifier quelquefois Trouver à reprendre, à blâmer. "Que trouvez- vous à à cette action?" Dans ce sens, on dit plus ordinairement "Trouver à redire."
"Il y a bien à , beaucoup à là-dessus," Il y a bien des critiques, des objections, des observations, etc., à faire là-dessus. On dit en des sens analogues ou contraires. "Qu'avez- vous encore à ? Il n'y a vraiment rien à , cela est fort bien. Je n'ai rien à . On ne peut certainement rien sur sa conduite."
DIRE s'emploie souvent, en poésie, dans le sens de Célébrer, chanter, raconter. "Je dirai vos exploits."
Il signifie aussi, dans le langage ordinaire, Débiter, réciter. "Dire sa leçon. Dire des vers. Dire un rôle. Dire sa harangue par coeur." "Dire ses heures, son chapelet, son bréviaire." Absolument, en parlant de la Manière dont quelqu'un récite un discours, des vers, etc. "Cet acteur dit bien."
"Dire la messe," Célébrer la messe. "Faire une messe, des messes pour quelqu'un."
"Un homme bien disant" se dit d'un Homme qui parle bien et avec facilité.
Il se prend aussi pour Juger, croire, penser. "Les avis sont si partagés sur cette affaire qu'on ne sait qu'en . Je ne sais que de cela. Qu'en dites-vous? cela n'est-il pas exact? On dirait, à l'entendre, qu'il peut tout faire. On eût dit qu'il était mort. Qui dirait que cet homme est un savant? Qui eût dit, qui l'eût dit qu'elle changerait sitôt? Que d'une telle conduite? Que va-t-on de moi, si je fais cela?"
"Qu'est-ce à ?" Qu'est-ce que cela signifie? que faut-il penser de cela? "Qu'est-ce à ? vous réclamez?" Cette façon de parler marque ordinairement surprise ou mécontentement.
Fam., "On dirait d'un fou, d'un homme ivre, etc.," ou "On dirait un fou," À en juger par ses actions, par ses discours, on le prendrait pour un fou, on le croirait ivre. On dit de même "On dirait de loin une barque; ce n'est peut-être qu'une planche."
Il se prend aussi dans le sens de Dénoter, signifier, indiquer, marquer. "Que veut ce retard? Cela veut que... Cela ne dit rien. Que veut ceci? Ce mot seul dit tout. Je ne sais ce que cela veut , je me sens mal à mon aise."
Il s'emploie figurément en parlant des Actions, des gestes, des regards, etc., qui manifestent la pensée de quelqu'un. "Mes yeux, mes regards vous disent que je vous aime. Sa contenance, son trouble, sa confusion disent assez qu'il est coupable. Leur silence vous en dit assez, nous en dit long."
"Cette femme a de beaux yeux, mais ils ne disent rien," Elle a de beaux yeux, mais ils sont dépourvus de vivacité, d'expression.
"Cette chose ne dit rien," Elle ne produit aucun effet à la place qu'elle occupe.
"Cela ne dit rien au coeur, à l'âme." Cela ne touche point, n'émeut point. "Cela ne me dit rien."
SE DIRE signifie quelquefois Prétendre, assurer qu'on a une certaine qualité. "Il se dit votre parent, votre ami. Il se dit au courant de ce service et il n'y connaît rien. Ils se disaient envoyés par lui. Il se disait malade."
En termes de Procédure, "Soi-disant" s'emploie quand on ne veut pas reconnaître la qualité que prend quelqu'un. "Un tel, soi-disant légataire, soi-disant héritier." Il se dit aussi, dans le langage ordinaire, par mépris ou par raillerie. "Un soi-disant docteur, un soi-disant gentilhomme. De soi-disant docteurs."
DIT, DITE, signifie quelquefois Surnommé. "Charles V, dit le Sage." On dit dans le même sens "Lieu dit. Cette maison est située à trois kilomètres de la ville au lieu dit La Saussaie."
Il se joint aussi à l'article défini, à certains adverbes pour désigner en termes de Procédure ou d'Administration les personnes ou les choses dont on a parlé. "Ledit preneur. Ladite maison. Audit lieu. À l'article susdit."



2ème signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Ce qu'une personne dit, rapporte, avance, déclare. "Au de tout le monde, de chacun. Au des anciens." Dans cette acception, il est souvent usité en termes de Procédure. "Le des témoins. Prouver son . Au des experts," Selon l'avis des experts. d'experts," D'après une décision d'experts, en soumettant la chose à des experts. "Le prix en est ordinairement réglé à d'experts."
Il se dit particulièrement des Moyens, réponses ou déclarations d'une partie pour le soutien de sa cause. "On a inséré dans le" "procès-verbal le du défendeur. Faire ses dires et réquisitions."



1ère définition d'Emile Littré




 1   Exprimer par la parole. Que dit-il ? J'ai quelque chose à vous . Vous lui z bien des choses honnêtes de ma part. Il m'a dit qu'il fallait partir. Il n'a dit qu'un mot. Il dira quelques paroles, et se retirera.
BALZ.: « Il fait son idole de son sujet et tombe dans l'intempérance de ces orateurs violents qui vont toujours plus loin que leur but et ne croient jamais en assez s'ils n'en disent trop »
CORN.: « Te dirai-je un penser indigne, bas et lâche ? »
CORN.: « Et si nous n'aimions point à nous brouiller l'esprit Ou de ce que l'on fait ou de ce que l'on dit »
CORN.: « Ne considère point si l'auteur d'un tel livre Fut plus ou moins savant ; Mais s'il dit vérité, s'il t'apprend à bien vivre, Feuillette-le souvent »
MOL.: « Je n'ai point sur ma langue un assez grand empire ; De ce que je dirais je ne répondrais pas »
MOL.: « Tous les autres comédiens en ont dit tous les maux du monde »
MOL.: « Je reçois tous ses soins avec beaucoup de joie, J'admire ce qu'il dit, j'estime ce qu'il est »
MOL.: « Je vous trouve plaisant d'user d'un tel empire Et de me au nez ce que vous m'osez »
MOL.: « Donc, de ce que je dis on ne fera nul cas ? »
MOL.: « Et depuis un long temps nous nous sommes tout dit »
MOL.: « Ne vous ai-je pas recommandé de me venir d'abord tout ce que vous voyez ? »
MOL.: « Parlerai-je, monsieur, selon ma conscience, Ou comme auprès des grands on le voit usité ? Faut-il la vérité, Ou bien user de complaisance ? »
LA BRUY.: « On dit à la cour du bien de quelqu'un pour deux raisons : la première, afin qu'il apprenne que nous disons du bien de lui ; la seconde, afin qu'il en dise de nous »
LA BRUY.: « Il dit ridiculement des choses vraies, et follement des choses sensées et raisonnables »
RAC.: « Combien tout ce qu'on dit est loin de ce qu'on pense ! »
RAC.: « Et peut-être, après tout, que, sans trop se forcer, Tout ce qu'il a pu , il a pu le penser »
VOLT.: « César, que me dis-tu de tes fils, de partage ? »
VOLT.: « Nous sommes dans un siècle de raison ; nous trouvons aisément ce qui nous paraît la vérité, et nous osons le »
VOLT.: « On peut avec ce revenu assuré tout ce qu'on pense de la compagnie des Indes, du parlement, de nos colonies, du roi, de l'être en général, de l'homme et de Dieu »
BÉRANG.: « Lorsque les yeux chercheront sous les rides Les traits charmants qui m'auront inspiré, Des doux récits les jeunes gens avides Diront : quel fut cet ami tant pleuré ? »
    Qui vous dit, qui vous a dit que.... c'est-à- sur quoi vous fondez-vous pour ou croire... ?
    Dire un secret, le révéler.
FÉNEL.: « Elles [les filles] veulent qu'on leur dise tout, et elles veulent aussi tout »
VOLT.: « En disant ce secret ou faux ou véritable »
    Dire des injures à quelqu'un, l'injurier.
RAC.: « Épargnezmoi cette peine, je vous supplie, et épargnez-vous à vous-même de grosses injures que je pourrais bien vous dans ma mauvaise humeur »
    Dire à quelqu'un ses vérités, lui représenter sans ménagement les défauts qu'il a.
MOL.: « N'apprêtons point à rire aux hommes En nous disant nos vérités »
MOL.: « Vous ne lui voulez mal et ne le rebutez Qu'à cause qu'il vous dit à tous vos vérités »
    Dire à quelqu'un son fait, lui parler vertement, le malmener en paroles.
MOL.: « Il me donna un soufflet, mais je lui dis bien son fait »
    Dire son avis, sa pensée, exprimer ce qu'on pense, l'opinion qu'on a.
MOL.: « N'allez point là-dessus me consulter ici ; Peut-être y pourriez-vous être mal adressée, Et je suis pour les gens qui disent leur pensée »
VOLT.: « C'est un particulier qui a dit son avis dans un gros livre qu'on ne lit point »
    Dire son mot, ajouter son avis aux avis déjà exprimés, et aussi révéler ses intentions secrètes.
    Sans mot , sans mot, sans prononcer une parole, et aussi sans protester.
    Je vous l'avais bien dit, sorte de reproche que l'on adresse à quelqu'un que l'on a averti de ce qui allait lui arriver.
STAËL: « Quelquefois il lui disait : je vous l'avais bien dit ; singulière manière de consoler ; satisfaction que la vanité se donne aux dépens de la douleur »
    Dire la bonne aventure, pré l'avenir.
    Dire pis que pendre de quelqu'un, le diable de quelqu'un, en toute sorte de mal.
    Se quelque chose à soi-même, faire en soi-même des réflexions, un raisonnement. Je me le suis dit vingt fois.
    Se l'un à l'autre, se réciproquement quelque chose. Ils se sont dit qu'ils s'aimaient.
    En de sèches, faire des contes satiriques et libres, des vilenies, mais d'une manière qui ne manque pas de sel.
    Mon petit doigt me l'a dit, cela se dit aux enfants de ce qu'on a appris par des voies qu'ils ignorent.
MOL.: « Argan à Louison : Prenez-y bien garde au moins ; car voilà un petit doigt qui sait tout, qui me dira si vous mentez »

 2   On dit, c'est-à- le bruit court. On dit que nous allons avoir la guerre. On dit une sigulière nouvelle.
RAC.: « On dit, et sans horreur je ne puis le redire, Qu'aujourd'hui par votre ordre Iphigénie expire »
    S. m. C'est un on dit. Ce sont des on dit. Il ne faut pas ajouter foi à tous ces on dit.
    On dit, s'emploie aussi lorsque nous voulons parler d'une locution ou expression usuelle. On dit en français savoir gré pour être reconnaissant.

 3   Dire pris absolument. C'est, comme vous dites, une mauvaise action. Il faut se bien comporter et laisser .
MOL.: « De pas mis avec rien tu fais la récidive, Et c'est, comme on t'a dit, trop d'une négative »
LA FONT.: « Le bonhomme disait : ce sont là jeux de prince ; Mais on le laissait .... »
LA FONT.: « Quiconque ne voit guère N'a guère à aussi »
SÉV.: « Ils étaient pêle-mêle avec les ennemis, la rivière entre deux, comme disent les goujats »
BOILEAU: « Oui, mais avec tout cela, diriez-vous bien pourquoi Cyrus a tant conquis de provinces ? »
    Comme dit l'autre, locution familière qui équivaut à : comme on dit, ou comme dit le proverbe.
MOL.: « Tout ça, comme dit l'autre, n'a été que de l'onguent miton-mitaine »
    Poétiquement, j'ai dit, il dit, se mettent à la fin d'un récit.
BOILEAU: « Elle dit, et du vent de sa bouche profane Lui souffle avec ces mots l'ardeur de la chicane »
    J'ai dit, équivaut aussi à je n'ai plus rien à .
    Quand, citant un discours, des paroles textuelles, on intercale le verbe , ce verbe et son sujet subissent une inversion, le sujet se mettant après le verbe. Vous allez, m'a dit notre ami, à Paris. Je ferai, dit-il, la chose en diligence. Mais, dira-t-on, cela est impossible. Il a, m'a-t-on dit, l'intention de parler. Cela, dis-je, est impossible.
MOL.: « La résolution en est prise, vous dis-je »
BOILEAU: « L'épouse que tu prends, sans tache en sa conduite, Aux vertus, m'at-on dit, dans Port-Royal instruite.... »
    Dire d'un, d'autre, tenir un langage qui varie.
LA FONT.: « Qu'est ceci ? s'écria le mangeur de moutons : Dire d'un, puis d'un autre ! est-ce ainsi que l'on traite Les gens faits comme moi ? »
    Dire d'or, , promettre tout ce qui peut être désiré.
    Dans le même sens. Il dit d'or, et n'a pas le bec jaune.
    Dire d'or signifie aussi, par une sorte d'ironie, parler disertement, mais hors de propos, ou sans utilité.
VOLT.: « Dans ce conseil de sages, de héros, On entendait les plus nobles propos : Le bien public, la vertu les inspire.... Ils disaient d'or et ne concluaient rien »
    Bien , parler d'une façon convenable, s'exprimer en bons termes, ce qu'il faut.
MALH.: « Ce sera là que ma lyre, Faisant un dernier effort, Entreprendra de mieux Qu'un cygne près de sa mort »
LA FONT.: « Soyez beau, bien disant »
SÉV.: « Mes paroles sont assez bonnes ; je les range comme ceux qui disent bien »
SÉV.: « Nous avons eu une conversation où j'ai bien dit, ce me semble »
GRESSET: « Ainsi berné le novice interdit Comprit en soi qu'il n'avait pas bien dit, Et qu'il serait malmené des commères »
D'ALEMB.: « Vous avez bien raison, mon cher maître ; on veut toujours mieux qu'on ne doit ; c'est le défaut de presque tous nos écrivains »
DIDER.: « Quelque génie qu'on ait, on ne dit pas mieux qu'Homère quand il dit bien »
    L'art de bien , l'éloquence.
    Substantivement, le bien-dire.
MARG.: « Ces grands orateurs romains qui avaient l'art de persuader ce qu'ils voulaient par la force et les charmes de leur bien- »
    Être sur son bien-dire, sur son beau-dire, être en train de parler, et aussi affecter de bien parler, ou parler d'un sujet de prédilection. On dit dans le même sens se mettre sur son bien- (voy. BIEN-DIRE).
    Bien-disant, voy. BIEN-DISANT.

PROVERBE Le bien-faire vaut mieux que le bien-dire, les bonnes actions sont préférables aux belles paroles. L'Académie, au mot BIEN-DIRE, dit que le trait d'union ne se met que dans la locution : être sur son bien- ; mais que, dans le proverbe rapporté ci-dessus, on écrit le bien sans trait d'union ; puis, citant de nouveau ce proverbe au verbe DIRE, elle met le trait d'union : le bien-dire. Il est donc loisible de mettre ou d'omettre le trait d'union ; et il vaut mieux le mettre.

 4   Nommer, exprimer.
MAIRET: « Vous bénirez le mal qui vous est avenu, Si l'on peut un mal un fortuné veuvage »
BOILEAU: « Qui dit froid écrivain dit détestable auteur »
LA BRUY.: « .... La source du comique : je dis de celui qui.... »
VOLT.: « Mais, mon cher Sidrac, pourquoi dites-vous toujours ma faculté pensante ? que ne dites-vous mon âme tout court ? »

 5   Énoncer par écrit. Je vous ai dit dans ma dernière lettre que.... Tel auteur a dit là-dessus d'excellentes choses. Cicéron dit dans son traité de la République.
RAC.: « Presque tous les historiens ont dit ce que je fais ici à Mithridate »
    Il se dit de l'écrit même. Que dit la loi ? à ce que dit l'histoire. Comme dit le proverbe.

 6   Réciter, lire, débiter. Dire sa leçon. Cet acteur a mal dit son rôle.
MOL.: « Je vous dirai, si vous voulez, pour vous désennuyer, le conte de Peau d'âne ou bien la fable du Corbeau et du Renard qu'on m'a apprise depuis peu »
MOL.: « La démangeaison de ses ouvrages est un vice attaché à la qualité de poëte »
    Absolument. Cet acteur dit bien, il a un bon débit.
    Dire la messe, célébrer la messe. Faire une messe pour quelqu'un. Dire les vêpres, les chanter.
    Terme de musique. Il dit bien les récitatifs, il les chante bien. Dire un morceau, exécuter un morceau de musique.

 7   Raconter.
CORN.: « Dis-moi de mon époux le véritable sort »
RAC.: « Je pourrai de mon père émouvoir la tendresse, Et lui un amour qu'il peut vouloir troubler »
RAC.: « Et moi je suis venu, détestant la lumière, Vous d'un héros la volonté dernière »
BOILEAU: « Je dirai les exploits de ton règne paisible »
CHATEAUBR.: « Je vais les douleurs de l'Église persécutée »
    Poétiquement. Muses, dites.... Muse, dis la colère d'Achille.

 8   Juger, penser, être tenté de croire.
LA FONT.: « Qu'en dites-vous ? Que dira-t-on de vous ? Alléguant un grand rhume : il ne pouvoit que , Sans odorat.... »
    Qui l'eût dit ? signifie : aurait-on pu le penser, l'imaginer ?
    Substantivement. Le qu'en dirat-on, les propos qui se tiennent sur le compte de quelqu'un. Se moquer, être au-dessus du qu'en dirat-on. Braver le qu'en dira-t-on. Être sensible au qu'en dira-t-on.
    Savoir qu'en , avoir passé par là, avoir eu l'expérience de la chose.
RÉGNIER: « Notre mélancolique en savait bien que »
MOL.: « Beaucoup d'honnêtes gens en pourraient bien que »
SÉV.: « Vraiment je sais bien qu'en »
    Ne savoir que , être embarrassé.
LA FONT.: « Cela faisait que le bon sire Ne savait tantôt plus qu'y »
    Absolument. Vous diriez que, on dirait que.... avec l'indicatif, on penserait, on s'imaginerait.
BOILEAU: « On dirait, quand tu veux, qu'elle [la rime] te vient chercher »
BOILEAU: « On dirait que le ciel est soumis à sa loi, Et que Dieu l'a pétri d'autre limon que moi »
    Vous diriez que, on dirait que.... avec le subjonctif.
BOILEAU: « On dirait que le ciel, qui se fond tout en eau, Veuille inonder ces lieux d'un déluge nouveau »
BOILEAU: « On dirait que, pour plaire, instruit par la nature, Homère ait à Vénus dérobé sa ceinture »
CRÉBILLON: « On dirait, à vous voir assemblés en tumulte, Que Rome des Gaulois craigne encore une insulte »
BOSSUET: « Vous diriez qu'il soit devenu un autre David »
BOSSUET: « Vous diriez qu'il ne fasse rien en ce monde »
    Vous diriez, on dirait d'un fou, d'un homme ivre, c'est-à- il se conduit, il parle comme s'il était fou, ivre (la locution s'explique par une ellipse : on dirait d'un fou, c'est-à- on dirait cela d'un fou, on dirait que ce qu'il dit ou fait est d'un fou, et, elliptiquement : on dirait d'un fou).
MOL.: « Et l'on dirait d'un tas de mouches reluisantes Qui suivent en tous lieux un doux rayon de miel »
CHATEAUBR.: « Les trois vieilles femmes brûlaient un des roseaux de la gerbe ; on aurait dit des Parques coupant le premier fil de la vie de René »
BERN. DE S.-P.: « Voyez même, comme les traits du même homme varient.... vous diriez de plusieurs êtres différents »

 9   Avertir, prévenir, ordonner, conseiller. Allez lui de venir.
MOL.: « Ah ! mon papa, je vous demande pardon ; c'est que ma soeur m'avait dit de ne pas vous le »
MOL.: « Dites-leur qu'elles descendent »
RAC.: « Dites au roi, seigneur, de vous l'abandonner »
RAC.: « Qu'on dise à Josabeth Que Mathan veut ici lui parler en secret »
    Absolument. Vous n'avez qu'à , locution qui signifie : parlez et je ferai ce que vous voudrez.
MOL.: « Comment, coquin ! - Monsieur, vous n'avez rien qu'à , Je mentirai si vous voulez »

 10   Offrir, proposer. J'ai trouvé ces objets si chers que je n'ai rien dit. Dites-en un prix raisonnable.

 11   Exprimer, en parlant des choses auxquelles on attribue une expression. Un silence respectueux dit beaucoup.
CORN.: « Et puisqu'aucun soupçon ne dit rien à Phocas, Soyez encor son fils et ne vous montrez pas »
MOL.: « Et malgré tous vos soins et votre adresse à feindre, Mon astre me disait ce que j'avais à craindre »
RAC.: « Qu'ai-je fait ? que veut-il ? et que dit ce silence ? »
RAC.: « Ce front satisfait Dit assez à mes yeux que Porus est défait »
RAC.: « Et ce poison vous dit les volontés du roi »
RAC.: « Tout cela dit assez que le trône m'est dû »
RAC.: « Et son silence même, accusant sa noblesse, Nous dit qu'elle nous cache une illustre princesse »
RAC.: « .... Vous portez, madame, un gage de ma foi, Qui vous dit tous les jours que vous êtes à moi »
BOILEAU: « Ma pensée au grand jour partout s'offre et s'expose ; Et mon vers bien ou mal dit toujours quelque chose »
MASS.: « Le coeur ne me dit rien pour les devoirs de la religion »
    Le coeur me le disait bien, j'en avais le pressentiment.
    Cette femme a de beaux yeux, mais ils ne disent rien, ils sont sans expression.
    Cela ne dit rien au coeur ni à l'esprit, cela ne les touche point, ne les émeut aucunement.
    Familièrement. Cela ne dit rien, cela n'importe pas à l'affaire, cela n'empêche pas.
    Ne rien, se dit aussi des personnes dont les paroles n'ont guère de sens.
BOSSUET: « Voilà bien des paroles sans rien »
    Familièrement. C'est beaucoup parler pour ne rien .

 12   Vouloir , signifie faire entendre, insinuer, en parlant des personnes.
MOL.: « Que voulez-vous ? De quoi s'offense-t-il ? et que veut-il me ? Y vat-il de sa gloire à ne pas bien écrire ? »
PASC.: « Que voulez-vous donc , mes pères ? comment entreprenez-vous de soutenir après cela qu'aucun jésuite n'est d'avis qu'on puisse tuer pour des médisances ? »
SÉV.: « Que me voulez-vous de pénitence et de pardon ? »
BOSSUET: « Ce qu'une judicieuse prévoyance n'a pu mettre dans l'esprit des hommes, une maîtresse plus impérieuse, je veux l'expérience, les a forcés de le croire »
    Que veut-il ? s'est dit dans le sens de pourquoi.
MALH.: « Son Louis soupire Après ses appas ; Que veut-elle De ne venir pas ? »
    Dénoter, en parlant des choses. Je ne sais ce que cela veut .
CORN.: « Que veut ce retard ? .... Achevez, seigneur, ce mais, que veut-il ? »
    Signifier. Que veut ce mot, cette phrase ? Cela est mal construit et ne veut rien .

 13   Trouver à , c'est-à- trouver à blâmer. Il y a, il y aurait bien à , il y a à reprendre, à blâmer.
BALZ.: « Vous trouveriez quelque chose à dans le ciel, si je n'y étais avec vous »
CORN.: « Ce que je trouve à en la confidence que fait Cléopâtre »
SÉV.: « On trouve à à la frugalité de vos repas »
BOSSUET: « L'empereur ne trouve rien à à ces censures »
MOL.: « Ayant eu la bonté de déclarer qu'elle [Votre Majesté] ne trouvait rien à dans cette comédie qu'elle défendait de produire en public »
    Trouver à , regretter l'absence.
MOL.: « Mettez-vous donc bien en tête que je vous trouve à plus que je ne voudrais dans toutes les parties où l'on m'entraîne »
FONTEN.: « Rien ne me flattait plus que de penser que je manquais au bonheur de l'heureux Soliman, et qu'on me trouvait à dans le sérail »
    Trouver à , ne pas avoir son compte.
PATRU: « On trouvait dix ou douze voix à »
    Avoir à , manquer de.
BALZ.: « Il faisait parade d'un visage remarquable par de grandes plaies et par un oeil qu'il avoit à »
    À , manquant.
SAINT-SIMON: « Le fourrage revint en abondance, il n'y eut pas un cheval de perdu, ni un homme à »
    Il y a bien à , il y a une grande différence. Il y a bien à entre ces deux personnes. Dans le même sens, il y a tout à .
    Il y a bien à , il s'en faut de beaucoup. Il y a bien à que je n'aie mon compte.

 14   En forme une locution qui a différents sens.
    Le coeur en dit, on y a inclination. Si le coeur vous en dit, si cela vous agrée.
CORN.: « Et quand le coeur m'en dit, j'en prends par où je puis »
MOL.: « Et puis-je mais, chétif, si le coeur leur en dit ? »
HAMILT.: « Pour peu que le coeur lui en dît »
FONTEN.: « Qu'on s'aime de part et d'autre autant que le coeur en dira Par extension. »
MOL.: « Si le sort nous en dit [nous est favorable], tout sera bien réglé »
    En vouloir , être prêt à faire.
LA FONT.: « D'abord, dit-il, j'allais tout doucement Auprès du lit écouter si le sire S'approcherait, et s'il en voudrait »
    En , faire des reproches. S'en , se faire des reproches.
RAC.: « Mon coeur s'en est plus dit que vous ne m'en z »
RAC.: « Et mon coeur soulevant mille secrets témoins, M'en dira d'autant plus que vous m'en z moins »

 15   Se le faire , hésiter beaucoup à faire une chose ; ne pas se le faire , montrer beaucoup d'empressement.
VOLT.: « Charles exigea une lettre d'Auguste à Stanislas : le roi détrôné se le fit plus d'une fois ; mais Charles voulait cette lettre, et il fallut l'écrire »

 16   Dans le style élevé. Que dis-je ? sorte de retour sur soi, de transition, d'aggravation. Il l'a abandonné, que dis-je ? il l'a dépouillé.
RAC.: « Fuyons dans la nuit infernale.... Mais que dis-je ? ... mon père y tient l'urne fatale »

 17   À vrai, à vrai , locut. adv. En disant la chose telle qu'elle est. à vrai, il n'a pas rempli l'attente qu'on avait conçue de lui.
    À vérité, même sens.
MOL.: « Et s'il avait mon coeur, à vérité, Il tournerait ses voeux d'un tout autre côté »
    Pour ainsi , locution dont on se sert pour atténuer une expression, pour la faire passer. Ils sont, pour ainsi , morts à toutes les joies.
    Pour mieux , locution dont on se sert pour préciser davantage sa pensée.
RAC.: « Contrainte d'accepter ces mêmes conditions, sans avoir pu en rien retrancher, y rien ajouter, ou, pour mieux , sans avoir pu, avec tous leurs efforts, s'écarter d'un seul pas du cercle étroit qu'il lui avait plu de leur tracer »

 18   Dire s'emploie quelquefois à l'impératif pour appeler l'attention.
MOL.: « Dites-moi, venez-vous dîner avec moi ? D'où vient donc, je vous prie, un tel emportement ! Avez-vous, dites-moi, perdu le jugement ? »
MOL.: « Dites-moi un peu, s'il vous plaît, combien aviez-vous d'années lorsque nous fîmes connaissance ? »
DUCIS: « Dis, penses-tu qu'un jour mon père nous pardonne ? »
    Disons mieux, sorte de compliment ou de correctif. Il est l'avocat des pauvres, disons mieux, il en est le père.
    Disons-le s'emploie lorsqu'on va quelque vérité fâcheuse. Disons-le : les mesures violentes ne peuvent qu'irriter les esprits.
LA BRUY.: « Disons-le sans figure, il parle comme un fou et pense comme un homme sage »

 19   Qu'est-ce à ? s'emploie pour qu'est-ce que cela signifie ? Qu'est-ce à ? vous murmurez. Cette locution exprime la surprise, le mécontentement.
DUFRÉNY: « Qu'est-ce à , monsieur ? j'apprends par le notaire Qu'au contrat vous trouvez quelque chose à refaire »
    Ce n'est pas à pour cela que.... Ce n'est pas à que.... locution gouvernant le subjonctif, et qui a un sens de rectification. Vous m'avez rencontré parmi eux, ce n'est pas à que je sois des leurs.
FONTEN.: « Ce n'est pas à qu'ils aient effectivement parlé pour la dernière fois »
    Ce n'est pas pour , locution très familière qui signifie sans se vanter. Ce n'est pas pour , mais je saurais en faire autant.

 20   C'est-à-dire, loc. conj. qui annonce l'explication, la conséquence de ce qui vient d'être dit. Les quatre lettres I. N. R. I. qui sont au haut de la croix de Notre-Seigneur signifient Jesus Nazarenus, rex Judaeorum, c'est-à- Jésus de Nazareth, roi des Juifs.
CORN.: « Et qu'on l'honore ici, mais en dame romaine, C'est-à- un peu plus qu'on n'honore la reine »
VOLT.: « Le genre humain pensant, c'est-à- la cent-millième partie du genre humain tout au plus »
    C'est-à- que, avec un verbe qui suit, même sens. C'est-à- que j'ai consenti à la transaction. C'est-à- que je paye la somme demandée.

 21   C'est tout ou c'est tout dit, il n'y a rien à ajouter, cela achève, complète.
MOL.: « Il est fort enfoncé dans la cour, c'est tout dit ; Et la cour, comme on sait, ne tient pas pour l'esprit »
BOILEAU: « Sur l'argent, c'est tout , on est déjà d'accord ; Ton beau-père futur vide son coffre-fort »
LA FONT.: « Qui dit Sillery dit tout ; Peu de gens en leur estime Lui refusent le haut bout »
    Cela est bientôt dit, se dit, par antiphrase, d'une chose difficile, ou sur laquelle on conserve des doutes. Vous parlez de trouver d'ici à ce soir dix mille francs ; cela est bientôt dit. On a, dites-vous, perdu les bonnes épigrammes grecques ; cela est bientôt dit ; mais qu'est-ce qui le prouve ?
    C'est beaucoup , c'est poser une limite extrême qui probablement ne sera pas atteinte.
HAMILT.: « Posons le cas que vous ayez tout le bien qu'il faudrait, et c'est beaucoup »

 22   Cela vous plaît à , exprime que l'on ne convient pas de ce qui vient d'être dit, ou sert à énoncer un refus.

 23   Cela va sans ; il va sans que.... Cela va de soi et est si naturel qu'il n'est pas besoin d'en parler, de le stipuler. Cela s'en va sans SÉV. 166

 24   Il n'y a pas à , c'est-à- l'affaire est décidée, il n'y a pas d'observations à faire, il n'y a pas à revenir là-dessus.
    On dit de même : il a beau .
LA FONT.: « Cette dernière femme eut beau faire, eut beau : Moi devine ! on se moque ; eh ! messieurs, sais-je lire ? .... Point de raisons : fallut deviner et pré »

 25   Cela soit dit en passant, ou soit dit en passant, exprime qu'on mentionne seulement une chose à propos d'une autre, ou qu'on fait quelque légère plainte, quelque léger reproche en peu de mots.

 26   Ce qui est dit est dit, c'est-à- la parole donnée sera tenue.
REGNARD: « .... Va, tranquillise-toi ; Ce que j'ai dit est dit ; repose-toi sur moi »
    Voilà qui est dit, locution dont on se sert pour affirmer qu'une chose est convenue, entendue.
    Je ne vous dis que cela, locution qui, suivant le ton, exprime dévouement ou menace. Mon ami, dès qu'il s'agit de ton repos.... je ne te dis que cela ; tu dois me connaître. Si vous y revenez.... je ne vous dis que cela.
    Prenez que je n'ai rien dit, locution qui annule quelque chose qu'on a dit. C'était dans votre intérêt ; mais, si cela vous contrarie, prenez que je n'ai rien dit.
    C'est moi qui vous le dis, sorte d'affirmation très familière.
MARIVAUX: « Et laisse venir demain ; tu verras comme il sera fait ; c'est moi qui te le dis »

 27   Familièrement. S'il vient à bout de son entreprise, je l'irai à Rome, locution dont on se sert pour exprimer qu'on regarde la chose comme impossible. Créqui prétend qu'Oreste est un pauvre homme, Qu'il soutient mal le rang d'ambassadeur ; Et Créqui de ce rang connaît bien la splendeur ; Si quelqu'un l'entend mieux, je l'irai à Rome, RACINE, Épigr. contre Créqui qui avait critiqué Andromaque.

 28   S'il ne dit mot, il n'en pense pas moins, c'est-à- il écoute en silence et fait ses réflexions, ou bien il se tait, mais il est mécontent.

 29   À qui le dis-tu ? à qui le dites-vous ? locution qui exprime que celui qui parle sait, connaît, a éprouvé aussi bien que qui que soit ce dont il s'agit. Il est difficile de faire son chemin ; à qui le dites-vous ?

 30   Comme qui dirait, locution familière qui signifie une sorte de. Sa coiffure attira nos regards, c'était comme qui dirait un turban (voy. l'explication de cette locution à COMME).

 31   Se , v. réfl. Se donner, se faire passer pour. Il se dit votre parent. Se malade.
CORN.: « Ces perfides tous deux se sont dits aujourd'hui Et subornés par vous et subornés par lui »
BOILEAU: « Et de quel droit se diraient-ils héros, s'ils n'étaient point amoureux ? n'est-ce pas l'amour qui fait aujourd'hui la vertu héroïque ? »
    Se , être dit. Cela se dit partout. Cette phrase se dit très bien.
DESC.: « La première et principale cause pourquoi on n'a pu entendre assez clairement aucune des choses qui se sont dites de Dieu et de l'âme »
LA BRUY.: « Il y a un certain nombre de phrases toutes faites que l'on prend comme dans un magasin ; bien qu'elles se disent souvent sans affectation et qu'elles soient reçues sans connaissance, il n'est pas permis de les omettre »
    Soi-disant, voy. SOI-DISANT.

PROVERBES
    Quand les mots sont dits, l'eau bénite est faite, se dit des marchés qui sont conclus.
    Qui dit tout n'excepte rien.
    Qui ne dit mot consent, c'est-à- le silence est pris pour l'acquiescement.

REMARQUE
    1. Die, pour dise, au subjonctif est un archaïsme.
RÉGNIER: « Non, je croyais tout d'elle, il faut que je le die »
BALZ.: « Pourquoi, à votre avis, tant de périls et tant de combas ? vous plaît-il, madame, que je vous le die ? »
DESC.: « Ils n'ont pas besoin que je leur die rien davantage »
DESC.: « Encore qu'on die que la foi a pour objet des choses obscures »
CORN.: « Mais encore une fois souffrez que je vous die »
CORN.: « Votre ardeur vous séduit, mais quoi qu'elle vous die.... »
CORN.: « Ah ! ce n'est pas ces soins que je veux qu'on me die »
MOL.: « Veux-tu que je te die ? une atteinte secrète Ne laisse point mon âme en une bonne assiette »
MOL.: « Ah ! souffrez que je die, Valère, que le coeur qui vous est engagé.... »
MOL.: « Faites-la sortir, quoi qu'on die, De votre riche appartement »
LA FONT.: « Gardez-vous.... d'ouvrir.... que l'on ne vous die.... »
LA FONT.: « .... rois et dieux mettent, quoi qu'on leur die, Tout en même catégorie »
LA FONT.: « Et puisqu'il faut que je le die, Rien où l'on soit moins préparé »
LA FONT.: « Quiconque aime le die ! »
RAC.: « Mais, quoi que je craignisse, il faut que je le die Cet archaïsme, ainsi autorisé, peut encore être conservé dans la poésie. »
    2. Dire de, avec un infinitif, signifiant commander, ordonner, sont signalés par Vaugelas et Th. Corneille comme un gasconisme qu'il fallait éviter. Cependant, dès le temps de ces puristes, cette locution était employée par les meilleurs auteurs, et elle est restée en plein usage. à cette époque, l'Académie ne l'approuvait qu'avec hésitation : ' Comme c'est bien parler que de : Il lui ordonna d'aller, Il le pria de faire, l'usage semble avoir permis de : Il lui dit d'aller, Il lui dit de faire, Acad. Observ. sur Vaugelas, p. 308. '
    3. La deuxième personne plurielle vous dites représente la forme latine dícitis, avec l'accent sur la première syllabe.

HISTORIQUE
    Xème siècle
     Fragment de Valenciennes, p. 467: E si distrent
     ib. p. 469: Si cum dist e le [en le] evangelio lieu de avant dist
    XIème siècle
     Lois de Guill. 28: Hom qui plaide en curt, à qui curt que ço seit, e hom li mette sur qu'il ait dit chose....
     St Alexis, XXXIII: Dis e set ans, n'en fut nient à [il n'y en a rien à , à rabattre], Penat sun cors el damne Deu servise
     Ch. de Rol. III: Et dist au roi : or ne vous esmaiez
     ib. IV: Dient paien : ainsi peut-il bien estre
     ib. CLXXVII: Respondent Franc : Sire, vous dites bien
    XIIème siècle
     Ronc. p. 49: Qu'après nos mors n'en soit dit negun [nul] mal
     ib. p. 122: [à] mon seigneur dites qu'il me viegne veoir
     ib. p. 168: S'uns autres homs deïst tel legerie
     ib. p. 196: Li cuiverz [le pervers] ne dit mot, l'ame s'en est alée
     Couci, VII: Ne tout [je] ne cel [cèle] mon cuer, ne tout [je] nel [ne le] di
     ib. XIX: Je ne di pas que je fasse folage
     ib. XX: As fins amans proi [je prie] qu'il dient le voir [la vérité]
HUES D'OISI: « Et quant uns seus [un seul] en remanoit de ça [n'allait pas à la croisade], Il [Quenes] lui disoit et honte et reprouvier »
     Sax. VII: [Je] N'en oi [ouis] nului parler, qui moult de bien n'en die
     ib. XIII: Si diromes de Charle, qui tant fait à louer
     ib. XXI: Puis lui dites coment Guiteclins de Sassogne envers nous entreprent
    XIIIème siècle
VILLEH.: « Si vous dirons des pelerins dont grant partie estoit jà venue en Venise »
VILLEH.: « Et dient cil qui morir le virent, que ce fu uns des homes du monde qui plus bele fin fist »
     ib. V: Dame, ce dist Pepins, on ne doit pas douter.... Berte, III De ce ne vous ert [sera] ore nuls lons racontes dis
     ib. X: Quant la messe fut dite
     ib. XIV: En son lit en seant [elle] prist ses heures à
     ib. XIX: Qu'ele ne deïst mot ne que n'osast noiser
     ib. XXIV: D'eus [je] lairrai à parler, n'en dirai ore plus
     ib. LIII: Forment se repent Berte que son nom [elle] leur a dit
     ib. LIV: Laissez tout ce aler, n'en soit parole dite
     ib. XCVII: Sans les autres richesses que je ne sai conter, Qu'à peine les peut-on ne ne esmer [estimer]
     ib. CXXII: Car [elle] sait bien que c'est ele [Berte] .... Li cuers lui dit, pour voir bien l'en asseüra
     ib. CXXVII: À peine [elle] put mot , tant li cuers lui failli
     Ren. 7885: Dist li vilain : ' Par saint Marcel, Ta pel ert mise en mon mantel. ' Mès moult a entre et fere ; Qar Renart li fera contrere
     la Rose, 1: Maintes gens disent que en songes N'a se fables non et mençonges
     ib. 7867: D'omme traïstre g'en di fi ; Puisqu'il n'a foi, point ne m'i fi
     ib. 4753: .... Il le secorra De tretout quanques il porra, Plus liés [joyeux] du faire, au voir, Que ses amis du recevoir
     ib. 10421: .... or dis-tu que sage
     ib. 17465: Au voir [à vrai ]
BEAUMANOIR: « Qui droitement veut apeler, il doit ainsi, se c'est por murdre : Sire, je di sor tel, et le doit nommer, qu'il malvesement.... »
BEAUMANOIR: « Nus lais [legs] ne vaut s'il n'est fes de persone qui soit en bon sens et en bonne memore, et s'il ne le dit de se [sa] bouche »
JOINV.: « Le pris qui est en leur chevalerie si est tel, que quant il sont si preus et si riches que il n'i ait que .... »
JOINV.: « Et li [au comte de Monfort] distrent que il venist veoir le cors nostre Seigneur qui estoit devenuz en sanc et en char entre les mains au prestre »
JOINV.: « Sire, se vous ne me lessiez que vous soiés cousin au roy, l'en vous occirra touz et nous avec »
JOINV.: « Et pour ce se doit on garder et en tele maniere deffendre de cest agait, que en die à l'ennemi [au démon] quant il envoie tele temptacion : va t'en »
PH. MOUSKES: « Bien est, ki dit, s'il est ki fait »
    XIVème siècle
ORESME: « Il est voir [vrai] disant et veritable »
ORESME: « Il avient aucune fois que par suspicion et par opinion l'en dit faulz »
    XVème siècle
FROISS.: « Et [messire Galéas] avoit telle grace de toutes gens en Lombardie que chacun l'aimoit et disoit bien de lui ; .... et toutes gens disoient mal et se plaignoient couvertement de messire Barnabo »
FROISS.: « [Les cardinaux] distrent et imaginerent que il ne leur feroit jà bien [Urbain VI], et que il n'estoit pas digne de gouverner le monde »
FROISS.: « En lisant nul n'osoit parler ni mot , car il vouloit que je fusse bien entendu »
FROISS.: « Et arriva à un port que on dit Cepsée [Chertsey en Cornouaille] »
FROISS.: « Et menoient ma dite dame d'Orleans messire Jaquemes de Bourbon et messire Philippe d'Artois »
     la Pass. N. S. J. C.: Vous l'arez, puisque je l'ay dit
     Boucic. I, ch. 14: Afin que ils ne s'en peussent excuser et que plus ne sceussent que ....
COMM.: « La plus belle compagnie qu'on sçauroit »
LOUIS XI: « Je vous prie que vous me diez où je pourrai parler à vous à part »
    XVIème siècle
CALVIN: « Ce de S. Pierre a tousjours esté vray que... »
MAROT: « L'aage me conduisoit Sans peur, ne soin, où le coeur me disoit »
MAROT: « Et croyez à mon , ô charité, ô bonté indicible ! »
MAROT: « .... Pour vous certes, je treuve Facile chose à faire un impossible, Et fort aisée à un indicible »
MAROT: « .... Quand tout est dit [après tout], en tous les lieux Où je voulois tourner les yeux, Tout me rioit.... »
MARG.: « Vous savés combien vostre paine est necessaire aux affaires dont vous portés le faix, et où vos amis vous trouvent bien à »
MARG.: « Il n'y a nulle raison en leur affaire, j'espere les trouver bien toust ; je croy que leur diray leurs verités »
MARG.: « Il vous treuve tant à que vous diriés qu'il est tout seul »
MARG.: « Monseigneur, quant tout est dit [après tout], mon principal souci est de votre santé »
RAB.: « C'est à que les painctres ont la liberté de paindre ce qu'ilz veulent »
RAB.: « L'antechrist est desjà né, ce m'a l'on dict »
MONT.: « Si nous avions à l'intelligence des sons de l'harmonie et de la voix, cela apporteroit une confusion inimaginable à tout le reste de nostre science »
MONT.: « Que sait-on si.... plusieurs effects des animaux qui excedent nostre capacité sont produits par la faculté de quelque sens que nous ayons à .... »
MONT.: « Si on veult [exprimer] qu'un homme n'a point de sens »
MONT.: « Il disoit mieulx [parlait] sans y avoir pensé »
MONT.: « Cyrus s'estant enquis que c'estoit à [de ce que cela voulait ] »
MONT.: « Il falloit raisonner leur [en donner les raisons] »
MONT.: « Ce qu'il y a à [la différence] entre la licence et la liberté »
MONT.: « Aprez qu'il les eust bien laissez , il respondit.... »
MONT.: « Il y a bien à que ce ne soit le mieulx qu'il peust faire »
MONT.: « Callicles dict l'extremité de la philosophie estre dommageable »
MONT.: « J'aurois prins une voye plus naturelle, qui est à , vraye.... »
MONT.: « Si vous dictes : il fait beau temps, et que vous dissiez verité.... »
YVER: « En se deshabillant, il trouva à sa chaine »
AMYOT: « Le de Thucidides s'accorde mieux avec les chroniques »
AMYOT: « Il commanda que les autres par ordre dissent consecutivement leurs advis »
AMYOT: « Il n'y avoit capitaine qui eust osé de non aux soudards qui en demandoient le pillage »
AMYOT: « Je suis marry qu'il faut que je vous die, que.... »
AMYOT: « Antigonus le comparoit à un joueur de dez, à qui les dez disent fort bien, mais qui ne se sçait servir des chances qui luy viennent »
AMYOT: « Qu'il se teinst tousjours auprès de son armée de mer, à fin que si la fortune luy disoit mal sur terre, il eust incontinent les forces de la marine toutes prestes pour.... »
AMYOT: « Il rencontra par cas d'adventure Goesylus lacedaemonien, soy disant estre envoyé de Lacedaemone »
AMYOT: « Quant à cela, il n'y a personne qui die du contraire »
CARLOIX: « La memoire de cette bataille qui estoit encore recente, d'autant qu'il n'y avoit pas cinq ans à , les avoit ainsi enflammez »
CARLOIX: « Cent ou six-vingts picqueurs, qui avec leurs trompes disoient la mort du cerf »
H. EST.: « Dire d'un et penser d'autre »
LEROUX DE LINCY: « Qui dit ce qu'il sçait et donne ce qu'il a n'est pas tenu à davantage »

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. dir, ; catal. dir ; espagn. decir ; portug. dizer ; ital. ; du latin dicere. Comp. le verbe grec signifiant montrer, goth. taiha, allem. zeigen, montrer ; mots où est le radical identique dic, deik, taih.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE 1. DIRE. Ajoutez :

 32   Terme de jurisprudence. Dire droit d'un appel, admettre l'appel, synonyme de faire droit sur l'appel.
     Gaz. des Trib. 29 janv. 1875, p. 94, 1re col.: La cour déclare mal fondé l'appel interjeté par M.... contre le jugement.... disant droit, au contraire, de l'appel de C.... et D...., réforme ledit jugement

REMARQUE Ajoutez :
    4. Corneille ne dit pas : Cela va sans , mais : cela s'en va sans . Cela s'en va sans , Mélite, III, 6. Mme de Sévigné non plus : Ils ne viendront point à l'assemblée, cela s'en va sans , Lett. 21 oct. 1676. (Dans le texte du Dictionnaire, au n° 23, il faut dans l'exemple de Mme de Sévigné corriger va en s'en va.) De même, Bussy à Mme de Sévigné, le 5 janvier 1678 : Je ne vous dis pas que je vous aime ; cela s'en va sans .
    5. Mme de Sévigné a écrit : de ce qu'il dit, pour à ce qu'il dit.
SÉV.: « Il est ravi, de ce qu'il dit, de l'amitié que vous avez pour moi »

HISTORIQUE
    XVème siècle Ajoutez :
     les Evangiles des quenouilles, p. 34: Qui chiet [choit] de l'asne il dist [signifie] crieve ; et qui chiet du cheval il dist lieve

ÉTYMOLOGIE
    Ajoutez : M. Boucherie (Revue des langues romanes, t. III, p. 71-77) a jeté du jour sur la locution à au sens de manquer.
LETRONNE: « Elle représente le bas-latin habere ou esse diger, digere, dicere, qui se trouve avec le même sens dès les textes mérovingiens : Quantum de compositione diger est, Loi salique ; Quasi animalia per sua menata dicere habuissit (comme si par ses menées il avait eu à les animaux), Formules angevines (ailleurs, digere habuisset) ; Quod ante dicta terra de annos triginta et uno semper tenuissint nec eis diger numquam fuissit Ce dernier exemple semble le modèle du vers de St Alexis, cité dans l'historique : Dis et set ans, n'en fut nient à . M. Boucherie pense que dicere, qui a eu le sens de plaider, a passé à celui de réclamer, et, comme on réclame ce qui manque, au sens de manquer. »


2ème définition d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Ce qu'on dit, ce qu'on avance, ce qu'on déclare. Le des témoins. Leurs s ne sont pas concordants.
GARNIER: « Les armes en la main, [vous] soutiendrez votre »
RÉGNIER: « Sitôt que cette nymphe en son enflammée »
RÉGNIER: « Font que mourir et vivre à leur n'est qu'un »
RÉGNIER: « Et chacun en son [à l'entendre] a droit en sa requête »
BALZ.: « À leur , c'étaient des gens qui voulaient périr »
MOL.: « Suivant le d'un ancien »
LA FONT.: « Tous les gens querelleurs, jusqu'aux moindres mâtins, Au de chacun étaient de petits saints »
BÉRANG.: « Au du proverbe ancien L'amitié ne remonte guère ; Bon petit-fils, je n'en crois rien Quand je pense à vous, ma grand'mère »
    Au des experts, selon leur avis.
    À d'experts, en vertu d'une estimation d'experts ; et fig. avec force, sans retenue. Mentir à d'experts.

 2   Terme de pratique. Pièce signifiée d'avoué à avoué et renfermant les moyens et réponses des parties.
    Toutes observations faites sur un procès-verbal ou sur un cahier des charges.

 3   Le bien-dire, voy. DIRE 1, à la fin du n° 3.

HISTORIQUE
    Voy. l'historique de 1.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


("Je dis, tu dis, il dit; nous disons, vous dites, ils disent. Je disais; nous disions. Je dirai, tu diras, il dira; nous dirons. Je dirais. Dis. Que je dise. Que je disse. Disant.") Exprimer, énoncer, expliquer, faire entendre par la parole. "Dire un mot. Ne mot. J'ai quelque chose à vous . Dire le nom de quelqu'un. Voici ce qu'il a dit. Qui vous dit le contraire? Vous dis-je le contraire? Comme disait Socrate. On a dit de ce prince qu'il était le plus honnête homme de son royaume. Que vous a-t-il dit de moi? Dire du bien, du mal de quelqu'un. Dire son avis, son sentiment. Dire ses raisons. Il ne dit pas tout ce qu'il pense. Dire la vérité. On ne dit pas les choses si crûment. Je lui ai tout dit. Il dit tout ce qu'il sait. Il ne sait ce qu'il dit. Quoi que vous me disiez, je ne puis croire que... Je vous l'avais bien dit. Que ne le disiez-vous? Ce n'est pas là ce que j'ai voulu . Je ne sais ce qu'il veut . Faites attention à ce que vous dites. Dire beaucoup en peu de mots. Dire un secret. Dire des duretés, des injures, des extravagances, des saletés, des impiétés. Ils se sont dit des injures. C'est le vin qui lui fait tout cela. Qui vous a dit de le faire? Allez lui que je l'attends. Partez, vous dis-je. Il a, m'a-t-on dit, l'intention de partir. Oui, dit-il, j'y consens. Dites-moi, quand partez-vous? Dis, cela ne te plairait-il point? Je l'aime plus que je ne puis . Nous lui fîmes ce reproche, il sortit sans mot ." On l'emploie quelquefois absolument. "Laissez , et allez toujours votre train."
Il s'emploie également en parlant De ce qu'on énonce par écrit. "Je vous ai dit, dans ma dernière lettre, que... Ainsi que nous l'avons dit plus haut. Cet auteur a dit là-dessus d'excellentes choses. On supposa un écrit dans lequel on lui faisait que"...
Il peut avoir pour sujet le nom de la chose qui renferme les paroles, le passage que l'on cite ou auquel on fait allusion. "Que dit la loi? À ce que dit l'histoire. Comme dit le proverbe, la chanson. L'Évangile nous dit"...
Il s'emploie quelquefois avec le pronom personnel, dans le sens passif. "Ce sont là de ces choses qui ne doivent point se . J'ai un besoin de repos qui ne peut se ." Il est surtout usité en parlant De la signification ou de l'emploi d'un mot, d'une locution, d'une phrase. "Ce mot se dit de telle chose. Ce proverbe se dit en parlant d'une personne qui... Cela ne se dit qu'en mauvaise part. Cela ne se dit plus."
"Que veut ce mot, cette phrase, etc.?" Quel en est le sens?
"C'est-à-dire," s'emploie Lorsque, après avoir dit, exprimé, désigné quelque chose d'une certaine manière, on va le , l'exprimer, le désigner autrement, afin d'être plus exact, plus clair, etc. "L'âme, c'est-à-dire, le principe intelligent et immortel. Vous serez parfaitement libre; c'est-à- que vous travaillerez à votre aise, et que nul n'aura le droit de vous contrôler." On emploie quelquefois dans le même sens, la phrase, "Je veux ."
"C'est-à-dire," s'emploie aussi quelquefois Pour faire entendre que ce qu'on va est la conséquence de ce qu'une autre personne a fait ou dit, ou l'explication qu'il faut y donner. "Vous refusez mes offres; c'est-à- que tout ce qui vient de moi vous est odieux. C'est donc à que vous ne voulez pas obéir."
"Ce n'est pas à pour cela que... à que"... Il ne faut pas croire pour cela que...
"Pour ainsi ," s'emploie Lorsqu'on veut affaiblir ce qu'il peut y avoir d'exagéré dans l'expression dont on se sert, ou faire excuser ce qu'elle a d'extraordinaire, d'inusité. "Ils sont, pour ainsi , morts à toutes les joies d'ici-bas."
"Disons-le," s'emploie souvent Lorsqu'on va quelque vérité dure et fâcheuse, mais qu'on ne peut se résoudre à taire. "Disons-le: ces mesures violentes ne peuvent qu'aigrir les esprits."
"Disons mieux," s'emploie comme une sorte de complément ou de correctif. "Il est l'avocat des pauvres; disons mieux, il en est le père." On emploie dans le même sens les locutions, "Pour mieux ," et "Que dis-je? Il ne régnait que par ses favoris, ou, pour mieux , il ne régnait plus. Je l'aime; que dis-je? je l'adore."
"Que voulez-vous ?" se dit quelquefois Pour exprimer la surprise agréable ou pénible que causent les paroles de quelqu'un, et marque une sorte de doute, d'incrédulité. "Il est parti: que voulez-vous ? parti sans moi!"
Prov., "Cela va sans ," C'est une chose tellement certaine, incontestable, ou tellement claire, naturelle, qu'il est inutile de la , de l'expliquer, d'en donner la preuve. On dit, dans le même sens, "Il va sans que"...
"On dit," C'est la commune opinion, ou C'est le bruit qui court. "On dit que nous allons avoir la guerre. C'est, dit-on, ce qui l'a déterminé à partir." Cette locution s'emploie quelquefois substantivement dans un sens analogue. "Ce n'est qu'un on dit. Croire sur un on dit, sur des on dit. Condamner quelqu'un sur un on dit, sur des on dit."
"On dit," s'emploie aussi Lorsqu'il s'agit d'une expression ou d'une façon de parler ordinaire. "On dit métaphoriquement, Cet homme est un lion, pour que c'est un homme plein de courage."
"Qui vous dit, qui vous a dit que"... Quelle raison avez-vous de croire que... Êtes-vous sûr que... "Qui vous dit que j'ai cette intention? Qui vous a dit que rien ne s'opposerait à vos desseins?"
"Dire la bonne aventure," Pré par la chiromancie, ou de toute autre manière, ce qui doit arriver à quelqu'un. "Elles faisaient profession de la bonne aventure. Dire à quelqu'un sa bonne aventure. Se faire sa bonne aventure."
"Dire des douceurs, des fleurettes à une femme," La louer sur sa beauté, sur son mérite, lui parler d'une manière flatteuse.
Fam., "Dire à quelqu'un son fait," Lui parler vertement, avec force, lui ses vérités.
Fig. et fam., "Dire pis que pendre de quelqu'un, en le diable," Dire de lui toute sorte de mal.
"Se quelque chose à soi-même," Faire telle ou telle réflexion, avoir telle ou telle pensée, faire en soi-même tel ou tel raisonnement. "Heureux qui peut se , Je n'ai point d'ennemis. Je me dis que bien d'autres sont plus malheureux que moi. C'est là ce que je me suis dit vingt fois."
Fig., "Le coeur me le disait bien, me l'avait bien dit," J'en avais un pressentiment.
Fig. et fam., "Si le coeur vous en dit," Si vous êtes d'humeur à faire cela. "Nous irons là, si le coeur vous en dit. Le coeur vous en dit-il?"
"Trouver à ," S'apercevoir de l'absence d'une personne, du manque de quelque chose. "On vous a trouvé à dans cette compagnie. On a trouvé à à cette somme. Il s'y est trouvé à un écu." Cette manière de parler a vieilli.
"Trouver à ," signifie encore, Trouver à reprendre, à blâmer. "Que trouvez-vous à à cette action?" Dans ce sens, on dit plus ordinairement, "Trouver à redire."
"Il y a bien à , beaucoup à là-dessus," Il y a bien des critiques, des objections, des observations, etc., à faire là-dessus. On dit en des sens analogues ou contraires: "Qu'en voulez-vous ? Qu'avez-vous encore à ? Il n'y a vraiment rien à , cela est fort bien. Je n'ai rien à . On ne peut certainement rien sur sa conduite. Etc."
Fam., "Il y a bien à ," signifie quelquefois, Il s'en faut de beaucoup. "Il y a bien à que je n'aie mon compte." Il signifie aussi, Il y a grande différence. "Il y a bien à entre ces deux personnes." On dit dans un sens analogue, "Il y a tout à ."
Fam., "Il n'y a pas à ," Il n'y a pas de refus, de résistance à faire. "Il n'y a pas à , il faut marcher."
"Il a beau ," Malgré tout ce qu'il peut , alléguer, etc. "Vous avez beau , je n'en crois rien. Il eut beau , on le conduisit en prison."
Fam., "Cela soit dit en passant," ou elliptiquement, "Soit dit en passant," se dit en parlant D'une chose qu'on mentionne seulement à propos d'une autre, et plus ordinairement Lorsqu'on fait quelque légère plainte, quelque léger reproche en peu de mots. "Soit dit en passant, vous êtes quelquefois un peu brusque."
Fig. et fam., "S'il vient à bout de ce qu'il a entrepris, je l'irai à Rome," Je crois qu'il lui sera impossible ou très-difficile de réussir.
Fam., "S'il ne dit mot, il n'en pense pas moins," se dit D'un homme de sens qui écoute et ne parle point, et quelquefois aussi D'un homme qui cache son mécontentement, son dépit.
Prov., "Qui ne dit mot, consent," En certains cas, se taire, c'est consentir.
"C'est tout , pour tout , pour en un mot," signifient qu'Il n'y a rien de ce qu'on veut qui ne soit renfermé dans la phrase ou dans l'expression dont on se sert.
"À vrai , à vrai," Pour s'exprimer d'une manière exacte, conforme à la vérité.
Fam., "Cela vous plaît à ," sert à exprimer que L'on ne convient pas de ce qui vient d'être dit, ou à énoncer un refus. "Vous prétendez que je suis l'auteur de cet ouvrage, qu'un tel est plus habile que vous; cela vous plaît à . Il veut que je fasse cette démarche; mais cela lui plaît à ."
Fig. et fam., "Il dit d'or," Il dit ce qu'il y a de mieux à dans la circonstance, ou de plus satisfaisant pour celui ou ceux à qui il parle.
"Il dit," s'emploie souvent, en poésie, à la fin d'un discours, et signifie, Ce fut ainsi qu'il parla, après qu'il eut ainsi parlé. "Il dit, et leur courroux fut apaisé."
"J'ai dit," s'emploie quelquefois, dans la conversation, Pour marquer qu'on n'a plus rien à .
"L'art de bien ," L'art de bien parler.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



s'emploie souvent, en poésie, dans le sens de Célébrer, chanter, raconter. "Je dirai vos exploits."
Il signifie aussi, dans le langage ordinaire, Débiter, réciter. "Dire sa leçon. Dire des vers. Dire un rôle. Dire sa harangue par coeur. Dire ses heures, son chapelet, son bréviaire." On l'emploie quelquefois absolument, en parlant De la manière dont quelqu'un récite un discours, des vers, etc. "Cet acteur dit bien."
"Dire la messe," Célébrer la messe. "Faire une messe, des messes pour quelqu'un."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie encore, Offrir, proposer. "J'ai trouvé toutes ces étoffes si chères, que je n'en ai rien dit. Nous ne pouvons convenir du prix de ce drap, si vous n'en dites rien. Dites-en un prix raisonnable, si vous voulez que j'achète."
Il se prend aussi quelquefois pour Juger, croire, penser. "Les avis sont si partagés sur cette affaire, qu'on ne sait qu'en . Je ne sais que de cela. Qu'en dites-vous? cela n'est-il pas ravissant? On dirait, à l'entendre, qu'il peut tout faire. On eût dit qu'il était mort. Qui dirait que cet homme est un savant? Qui eût dit, qui l'eût dit qu'elle changerait sitôt? Que d'une telle conduite? Que va-t-on de moi, si je fais cela?"
"Qu'est-ce à ?" Qu'est-ce que cela signifie? que faut-il penser de cela? "Qu'est-ce à ? vous murmurez?" Cette façon de parler marque ordinairement surprise ou mécontentement.
Fam., "On dirait d'un fou, d'un homme ivre, etc.," À en juger par ses actions, par ses discours, on le croirait ivre, on le prendrait pour un fou. "On eût dit d'un démoniaque, quand il récitait ses vers."
Fam., "Se moquer du qu'en dira-t-on, être au-dessus du qu'en dira-t-on, braver le qu'en dira-t-on," Mépriser l'opinion, mépriser tout ce que les gens pourront . "Il se moque du qu'en dira-t-on." On dit dans le sens contraire, "Être sensible au qu'en dira-t-on."



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



s'emploie figurément en parlant Des actions, des gestes, des regards, etc., qui manifestent la pensée de quelqu'un. "Mes yeux, mes regards vous disent que je vous aime. Sa contenance, son trouble, sa confusion, disent assez qu'il est coupable. Leur silence vous en dit assez."
"Cette femme a de beaux yeux, mais ils ne disent rien," Elle a de beaux yeux, mais ils sont dépourvus de vivacité, d'expression.



5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se prend aussi dans le sens de Dénoter, signifier, indiquer, marquer. "Que veut ce retard? Cela veut que... Cela dit beaucoup, dit plus qu'on ne pense. Cela ne dit rien. Que veut ceci? je ne retrouve pas mon argent. Ce mot seul dit tout. Je ne sais ce que cela veut , mais j'éprouve depuis hier une certaine difficulté de respirer. Vous me regardez bien froidement; que voulez-vous par là?"
Fam., "Cela ne dit rien," se dit quelquefois D'une chose qui importe peu, qui ne prouve rien. "Cela ne dit rien, vous deviez toujours continuer vos démarches."
"Cette chose ne dit rien," Elle ne produit aucun effet à la place qu'elle occupe. "Il y a dans ce tableau des ornements qui ne disent absolument rien."
"Cela ne dit rien au coeur, à l'âme," Cela ne touche point, n'émeut point.



6ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



avec le pronom personnel, signifie, Prétendre, assurer qu'on a une certaine qualité. "Il se dit votre parent, votre ami. Il se dit fort habile en ces matières, et il n'y entend rien. Ils se disaient envoyés par lui."



7ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se prend quelquefois substantivement; et alors il signifie, Ce qu'une personne dit, rapporte, avance, déclare. Dans cette acception, il est souvent usité en termes de Pratique. "Le des témoins. Prouver son . Au de tout le monde, de chacun. Au des anciens." Hors du style de Pratique, il est ordinairement familier.
"Au des experts," Selon l'avis des experts.
d'experts," D'après une décision d'experts, en soumettant la chose à des experts. "Le prix en est ordinairement réglé à d'experts."



8ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit particulièrement Des moyens, des réponses ou déclarations d'une partie pour le soutien de sa cause. "On a inséré dans le procès-verbal le du défendeur. Faire ses s et réquisitions."
"Le bien-dire," L'élégance dans le discours.
Fam., "Être sur son bien-dire, sur son beau ," Être en train de parler. Cela se dit ordinairement D'une personne qui affecte de bien parler, ou qui parle avec plaisir sur un sujet de prédilection. On dit aussi, "Se mettre sur son bien-dire."
Prov., "Le bien-faire vaut mieux que le bien-dire," Les bonnes actions valent mieux que les beaux discours.
"Un homme bien-disant," se dit D'un homme qui parle bien et avec facilité, ou d'Un homme qui n'est pas médisant. Cette locution est peu usitée.
En termes de Pratique, "Soi-disant," s'emploie Quand on ne veut pas reconnaître la qualité que prend quelqu'un. "Un tel, soi-disant légataire, soi-disant héritier." Il se dit aussi, dans le langage ordinaire, par mépris ou par raillerie. "Un tel, soi-disant docteur, soi-disant gentilhomme. De soi-disant docteurs."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Verbe 

et neut. [1re lon. 2e "e" muet.] Je "dis", tu "dis", il "dit": nous "disons", vous "dites", ils "disent", je "disais", j'ai "dit"; je "dis", je "dirai", je "dirais;" "dis", que je "dise", je "disse", "disant".
- Des composés de "dire", il n'y a que "redire" qui fait come lui, "redites": les autres forment régulièrement la 2de persone au plur. du prés. de l'indicatif. Vous "contredisez", "dédisez", "interdisez", "médisez", "prédisez". Il n' y a que, "maudire", qui double l'"s" au pluriel; nous "maudissons", vous "maudissez", il "maudissent".
- * Autrefois on disait, "que je die", pour "que je dise".
   DIRE, 1° exprimer, faire entendre par la parole. '"Dire" son avis, son sentiment, sa pensée. "Dire du" bien, "du" mal "de" quelqu'un. '"Dire des" dûretés, "des" injûres, "des" extravagances, etc.
- 2°. "Réciter:" " sa" leçon, "ses" prières, "son" chapelet, "son" bréviaire.
- "Dire la Messe", la célébrer.
- 3°. Il se prend quelquefois pour "juger": Je ne sais "que " de tout cela: On ne sait "qu'en ".
- 4°. S. m. Au "Palais", ce qu'une des Parties a avancé. '"Le du" défenseur, "le des" témoins, "des" experts, etc. En conversation, "au de" tout le monde; prouver "son ".
   "Rem." 1°. L'usage ayant prévalu que, "dire", avec la prép. "de" devant l'infinitif, a le sens d'"ordoner", quand on ne veut pas lui doner ce sens, il ne faut pas employer ce régime; il faut se servir de la conjonc. "que" et de l'indicatif. 'Quoique je vous "die de partir" (que je pars) dans cinq jours, ne laissez pas, je vous suplie, de m'écrire toujours. "Voiture".
- "Dire de partir", est aûtre chôse que ce que veut "Voiture": ce n'est pas "anoncer que l'on part": c'est "ordoner", ou "conseiller à" un aûtre de "partir". Le P. "Bouhours" pense que "dire", en ce sens, est un gasconisme; mais il ajoute, que ce gasconisme s'est établi à la Cour et à Paris, et que, quoiqu'il ne voulût pas l'employer en écrivant, il croit qu'on peut en user en conversation. Il n'est en éfet que du style familier.
   2°. "Dire", a quelquefois trois régimes des noms, l'acusatif, le datif et l'ablatif. 'Il "a dit de" vous "à" votre père "tous les" biens du monde.
   3° Le "que", après , "régit" l'indicatif, quand le sens est afirmatif. 'Il "dit que" vous "l' avez" maltraité. S'il est employé avec la négative, ou si le sens est interrogatif, il doit être suivi du subjonctif. 'Je "n'ai pas dit", ou "ai-je dit que" je "l'eusse fait"?
- Quand il est employé au conditionel, plusieurs Écrivains lui ont fait régir le subjonctif, quoique le sens fût afirmatif. '"On diroit que" le livre des décrets "ait été" ouvert à ce Prophête. "Boss." 'Vous "diriez qu'il ait" l'oreille du Prince, ou le secret du Ministre.
   "On diroit que" le ciel, qui se fond tout en eau,
   "Veuille" inonder ces lieux d'un déluge nouveau.
       "Boil."
"On diroit", et "vous diriez", signifient alors, il semble, et ils en prènent le régime. Voyez SEMBLER.
   4°. Quand le verbe, qui est régit par "dire", se raporte à son nominatif, on peut mettre ce verbe à l' infinitif. 'Il "dit avoir tout entendu", est mieux que, il "dit qu'il a tout entendu", mais~ celui ci pourtant est régulier. 'Si quelqu'un "nous dit connoître" un de ces hommes merveilleux (qui savent tout) assurons-le, sans hésiter, qu'il est la dupe des prestiges d'un Charlatan. "J. J. Rouss." de l'Imitation Théâtrale.
- L'"Acad." ne met point d'exemples de tous ces régimes; mais ils n'en sont pas moins admis par l'usage.
   5°. "Trouver à " a deux sens; "trouver qu'il manque" quelque chôse; on "a trouvé à ~ à" cette somme. '"Il s'y est trouvé à un" écu; et en parlant des persones. 'On "vous a trouvé à dans" cette assemblée. (On dit aussi, en ce sens, "il y a bien à ", il s'en faut bien. 'Il lui a acheté pour mille écus de dentelle.
- "Il y a bien à ").
- C'est aussi "trouver à reprendre". 'Que "trouvez-vous à à" cette action?
   6°. "Faire " régit le datif de la persone,, et non pas l'acusatif: On "lui a fait " tout "ce" qu'on a voulu, tout "ce" qu'il savait, et non pas, "on l'a fait ", etc.
   7°. On emploie quelquefois après "dire", la prép. "de" devant un nom, au lieu de la conjonct. "que" devant un verbe. 'On "eût dit d'un" Démoniaque, quand il récitoit ses vers, dit "Boileau" de "Santeuil", pour ":" on "eût dit que c'était" un démoniaque. 'Vous "diriez d'un" ressort qui vient à se détendre, au lieu de, vous "diriez que" c'est un ressort, etc. Ces phrâses sont fort extraordinaires, et ne passent pas le style familier.
   8°. "Se ", régit les noms sans préposition (au nominatif). 'Il "se dit" votre "parent"; il dit être, etc. Le P. Barre lui fait régir l'infinitif des verbes. 'Les aûtres "se disoient descendre" des diférentes peuplades des Germains. "Hist. d'Allem." Ce régime des verbes est inusité.
   9°. "Disons mieux", fait tout seul un membre de phrâse isolé: il n'a point de régime: 'Il est le Protecteur des malheureux. "Disons mieux": il en est le Père. Quand on veut lui doner un régime, il faut répéter "disons". Mascaron n'a pas eu cette attention. '"Disons mieux que" le Ciel inspira le moyen de satisfaire le vainqueur et le vaincu. Il falait: "disons mieux": "disons que" le Ciel, etc.
- "Je ne dis pas", est un tour d'éloquence, une figûre de rhétorique. Il signifie quelquefois "non-seulement". 'C'est à Descartes que la Physique doit, "je ne dis pas" sa renaissance, mais ses premiers comencemens. "Paulian", Dict. de Phys.
- "Tout est dit": il n' y a plus de ressource. '"Tout est dit": tout vos éforts sont inutiles. "Moreau". Il est tout au plus du style médiocre de dissertation.
- Il signifie aussi, "n'en parlons plus". 'Vous me devez; vous n'êtes pas en état de me payer: "tout est dit", j'atendrai. MARIN. "Julie".
   10°. "Gresset" se sert de "dire" pour "parler", et de "parleur" pour "Orateur":
   Éloge unique et dificile à croire,
   Pour tout "parleur", qui "dit" publiquement,
   Nul ne dormoit dans tout son auditoire:
   Quel Orateur en pourroit autant?
       "Ver-vert".
Cela peut se pâsser en vers, mais en prôse, cela ne vaudrait rien, même dans le style badin. "Dire" n'a pas cet emploi.
   On dit familièrement, "Dire à" quelqu' un "son fait", lui parler fortement. "En pis que pendre", en parler fort mal.
- "Cela s'en va sans " (quelques-uns ajoutent, comme le "bréviaire de Messire Jean"), cela est tout simple, et coule de source; il n'est pas nécessaire de le . 'vous ne sauriez trop aimer "Brancas", "La Garde" et "d'Hacqueville". Pour l'Ab. de Grignan, "cela s'en va sans ". Sév. 'Il lui a acheté pour mille écus de dentelle.
- Et sans marchander, je parie.
- "Cela s'en va sans ". TH. D'ÉDUC.
   * "Se ", pour "dire", est un gasconisme commun à toutes les Provinces méridionales. 'Il "ne sait ce qu'il se dit", pour, "ce qu'il" dit. 'J'étais si troublé, que je "ne savais ce que je me disais", etc.
   On dit, "figurément" (st. famil.) cela "ne dit rien", ne signifie rien, et dans la place où il est, ne sert de rien. 'Tels ornemens dans ce tableau, "ne disent rien".
- Elle a de beaux yeux, mais ils "ne disent rien", ils ne sont pas animés.
- "Le coeur me le dit", j'en ai quelque pressentiment. '"Le coeur me dit que" cela arrivera.
- "Il y a bien à ", "il y a tout à entre" ces deux persones: il y a bien de la diférence.
- Cela "soit dit en passant". C'est ce que dit quelqu'un qui fait quelque léger reproche en peu de mots.
- "C'est tout ", "pour tout ", "pour en un mot", signifie qu'il n'y a rien qui ne soit renfermé dans ce qu'on a dit, ou qu'on va .
- "Il dit d'or", il parle bien, on ne peut mieux , mieux parler. C'est ce qu'on dit, quand quelqu'un dit quelque chôse qui flate nos sentimens ou nos desirs.
- "Cela vous plait à ", répond, par modestie, celui qu'on loue.
- "S'il vient à bout de" ce qu'il entreprend, "de" ce dont il se vante, "je l'irai à Rome": on veut par là, qu'on croit la chôse impossible, ou très-dificile, qu'on n'espère pas qu'elle ait lieu.




Emplacement dans le dictionnaire :

diplomatiquement
diplomatiste
diplômé
diplome
diplôme
dipôle
dipsomanie
diptère
diptyque

direct
directe
directement
directeur
directif
direction
directite
directive
directives
directoire
directorial




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Jean MORÉAS (Les Stances)

...l'amour et la douceur, tout abandonne, je veux goûter, avec le tabac, le berceur extrême automne. 5e LIVRE (VI) Me faudra-t-il l'horreur de l'écume et du vent, et la bruyère et le mystère, pour dire ta louange, à ton culte fervent, nuit fourmillante et solitaire ? Quand la ville s'endort sous tes voiles flottantes, c'est assez d'ouvrir ma fenêtre : comme sur un grand fleuve, énorme, tu...


Citation n°2 de Pierre LOTI (Le Mariage de Loti : Rarahu)

...deux enfants dans le jardin du missionnaire protestant, et commit dans une même journée une série d'horreurs sanguinaires qui ne pourraient s'écrire, même en latin... 1ère PARTIE, XXXV ... qui peut dire où réside le charme d'un pays ? ... qui trouvera ce quelque chose d'intime et d'insaisissable que rien n'exprime dans les langues humaines ? Il y a dans le charme tahitien beaucoup de cette...


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